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Nous avons tous aujourd’hui un téléphone portable dans la poche mais savez vous que cet appareil est l’aboutissement d’un service de radiocommunication de « correspondance publique » démarré en France dans les années 60.

La radiotéléphonie publique a vu le jour aux USA après guerre mais ce n’est qu’à partir de 1958 que quelques privilégiés ont bénéficié, uniquement sur Paris, d’un service mobile de téléphonie publique.

TDV_MF_761_Thomson_CSF.jpgLes premiers équipements mobiles commercialisés étaient des émetteurs récepteurs MF 761U de Thomson CSF, très volumineux, fonctionnant en VHF, équipés d’un duplexeur, d’un coffret d’appel sélectif de type électromécanique, d’un combiné et d’une antenne fouet. Révolutionnaire pour l’époque !

Côté infrastructure, une station d’émission réception unique permettait de couvrir une partie de la région parisienne, l’établissement des communications s’effectuant manuellement par l’intermédiaire d’une opératrice des PTT installée au central « Oberkampf ». Ce service comptait quelques centaines de véhicules équipés ainsi que quelques bateaux mouches navigant sur la seine et offrant aux passagers le téléphone à bord !

Couverture_telephone_de_voiture_1980.jpgC’est à partir de la fin des années 70 que le service de correspondance publique c’est développé et automatisé. Les principales métropoles régionales ainsi que quelques villes de plus de 100 000 habitants se sont vu équipées mais la couverture n’a jamais été totalement nationale. Chaque abonné pouvait souscrire un abonnement soit pour un rattachement régional, soit pour le service multi zones qui était cher, très demandé et long à obtenir (plusieurs mois d’attente pour l'attribution d'un numéro).

Côté infrastructure, chaque région était équipée de réseaux élémentaires, couvrant chacun environ 30 kms et destiné à relier un certain nombre de véhicules au réseau téléphonique. Chaque réseau élémentaire (station émission & réception) était composé de 8 voies de trafic partagées et d’1 voie « sémaphore » destinée aux échanges de signalisation (identité de l’abonné, attribution de la voie de trafic, etc…).

 Le réseau fonctionnait en VHF dans la bande des 160 Mhz, en modulation de phase 14F3 (20 kHz) avec un écart duplex de 4,6 Mhz. Chaque centre d’émission comportait autant d’émetteurs de 400W qu’il y avait de voies de trafic ouvertes. Quant aux centres de réception, ils se trouvaient parfois sur des sites différents avec autant de récepteurs que de voies de trafic ouvertes, le tout raccordé par l’intermédiaire d’un multi coupleur actif sur une antenne cierge unique de 6 dB. L’ensemble émission & réception transitait par des baies de contrôle, elles même raccordées à un groupe de lignes téléphoniques spécialisées. Le système était bien évidement totalement analogique de bout en bout.

Telephone_de_voiture_1980.jpgPour l’époque, le service était de qualité, malgré les jours de forte propagation ou les collisions de communications étaient fréquentes. Les zones d’ombres liées à la topographie étaient nombreuses et les risques d’écoutes indiscrètes et de piratage bien réels…J’ai utilisé ce service de téléphonie mobile et je garde un « bon souvenir » des aléas auxquels nous étions soumis !

Seuls 2 constructeurs se partageaient le marché des mobiles :  THOMSON CSF. et STORNO. Thomson CSF représentait à lui seul 90% du marché avec son équipement mobile TMF 531U composé d’un clavier de numérotation, d’un combiné téléphonique, d’un E/R de 12 W avec duplexeur miniature 8 cavités et d’une antenne fouet 5/8 onde en fibre de verre. L’appareil n’avait pas de PLL et il fallait autant de paires de quartz que de voies de trafic !

Telephone_de_voiture_MF_531_Thomson_CSF.jpgLe marché du radiotéléphone automatique de voiture est resté jusqu’en 1985 un marché de « niches ». A cette époque, on comptait en France moins de 10000 abonnés ! Outre la marginalité du produit, c’est surtout le prix d’acquisition de l’équipement (~ 35000 Frs TTC soit plus de 5300 € de l’époque) et le prix de l’abonnement et des communications qui en limitaient le développement. Il fallait compter 950 Frs/mois (144 €) pour l’abonnement multi zones et les communications étaient taxées, à la distance, et à la durée sur la base d’une unité PTT de 0.75 Frs/24 secondes. Petit détail, lorsque vous étiez appelé, votre correspondant payait la communication surtaxée, mais le mobile participait aussi financièrement à l’appel sur la base d’une unité PTT toute les 48 secondes !

C’est en 1986 que le téléphone de voiture se démocratisa avec l’arrivée d’un système, mis en place par MATRA, offrant une couverture nationale en 400 Mhz, système toujours analogique mais avec signalisation numérique. Il s’agit de RADIOCOM 2000.  Mais c’est une autre histoire…..       


Catégorie : RADIOCOMMUNICATION - Professionnel
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